Bleu du samedi soir…

Je cherchais quelque chose à te dire

Un truc consistant, du vrai contenu

Un poème qui crisse sous les dents

Un dessin qui remue en dedans

Une phrase qui te donnerait du grain à moudre

Mais rien. L’absence.

L’actu me déprime et l’on n’est que le 10 janvier

Il est minuit passé, j’erre sur le web désabusée

Notre-Dame-des-Landes ne semblent plus prier pour nous

Un ancien champion de foot  est devenu  entraîneur d’un club de foot

Tu crois que j’ose la rime facile ou ?

Soupir.

On cherche encore des poux à l’insoumise de Cayenne

Je me demande tout d’un coup ce qui ce serait passé si elle avait été élue présidente

J’hésite à troller les murs de tous mes potes avec le hashtag #taubiraprésidente, puis je me ravise, j’suis trop blasée pour l’activisme, je vote c’est déjà pas si mal

L’ambiance est morose sur mon canapé

J’ai beau chercher: rien à trouver

La rime la plus trendy du web est en « er »  comme hyper

Je me creuse la tête et je trouve super, atmosphère, impair, repère, poudrière, négrière

Tout cela ne me donne pas plus le moral, plutôt envie d’une bière

De tous côtés je suis déçue

Tiens, à babord nationalité déchue

à tribord parité mal ordonnée et déconvenues

Je sais, je frise encore le jeu de mots facile

J’aurais mieux fait d’éviter d’écrire ce texte, mais bon, maintenant que je suis lancée

Du coup je cherche encore de quoi désaltérer ce samedi soir aride

Rien. Courrèges est mort et je ne rentre plus dans mes mini jupes

Et puis les négationnistes, et puis la peur en vente libre à tous les coins de rue

Les amalgames qui me font grincer les dents

Le mot « migrant » qui compte triple,

Mes sarcasmes qui donnent à mes espoirs une date butoir

Je pourrais encore continuer des heures, mais je ne voudrais pas plomber ta journée alors s’il te plaît dis-moi quelque chose qui me réveille

Je sais que le verre était à moitié plein, mais peu économe je l’ai bu cul-sec Alors j’ai besoin de toi.

Dis-moi que cette saison ne sera pas celle des égos qui s’écoutent

Que les visages n’auront plus l’allure de portes fermées à double tour

Qu’il y aura de la douceur dans mon bol au petit-déjeuner

Dis-moi que mon cynisme à de quoi s’inquiéter

Dis-moi que mes coups de gueule ne servent à rien

Ou alors dis-moi de la fermer, ça me fera du bien

 

 

 

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. tyitelle dit :

    Wowww! Une vraie claque j’adore… . Au plaisir de lire de les prochains.

    J'aime

    1. denosentraves dit :

      Heureuses de nous savoir lues jusque dans la ville rose! Merci. Les prochains posts arrivent! Cette correspondance en ligne est décidément une émulation précieuse.

      Aimé par 1 personne

  2. Du bonheur à l’état pur cette ecchymose ! Ça faisait longtemps que j’avais pas lu un truc aussi bon, actuel et poétique !

    Aimé par 1 personne

  3. denosentraves dit :

    Commencer une nouvelle semaine d’écriture avec ces mots qui encouragent et dynamisent: merci!

    Aimé par 1 personne

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